mercredi 23 février 2011

SDF et sans-papiers : concurrence des pauvres ?

L’hiver s’est bien installé, et pour les sans-abris bruxellois, la vie s’organise difficilement. Qui sont-ils ? Comment vivent-ils ? SDF et sans-papiers, même combat ou concurrence ? Joana Stassin et Séverine Valvekens ont mené l’enquête.
Cliquez ici pour écouter l'enquête.
Enquête radiophonique réalisée avec Joana Stassin en décembre 2010.

Gardiens de la paix en guerre

Les gardiens de la paix en région bruxelloise sont mécontents, et ont prévu de le faire savoir. La CGSP a déposé un préavis de grève pour le jeudi 24 février. Les principales raisons de la grogne : un statut précaire et non restrictif, et des emplois menacés.
            « Le statut des gardiens de la paix à Bruxelles est scandaleux ! », s’exclame Rudy Janssens, secrétaire fédéral de la CGSP, le syndicat socialiste. Alors qu’en Flandre et en Wallonie, leur statut est régulé, « à Bruxelles, on leur fait tout faire ; on leur fait ramasser des poubelles, on les poste derrière des écrans de contrôle de vidéosurveillance, alors que ce n’est pas leur travail ! Cette surveillance est par exemple le travail de la police. A certains endroits, ils sont un peu les hommes à tout faire en fait», explique-t-il. Légalement, le gardien de la paix a des « fonctions publiques de sécurité et de prévention non policières, exercées sur le domaine public ».
La CGSP en a assez qu’aucune restriction à leur travail ne soit clairement établie et respectée.
            En cause également, la formation de ces agents qui, d’après Rudy Janssens, ne serait pas respectée. «  La formation de 80 heures obligatoires au minimum n’est même pas respectée, l’obligation d’uniforme non plus », ajoute-t-il.
            Le syndicat socialiste reproche également à la région les contrats précaires des gardiens de la paix. « Tous les trois mois, ces travailleurs reçoivent leur C4, car on est pas certains de pouvoir assurer leur financement, de pouvoir leur garantir un nouveau contrat. Ils ont vraiment un statut minimum et précaire », explique le syndicaliste. Certains gardiens de la paix n’ont donc aucune sécurité d’emploi. Bon nombre d’entre eux ont reçu leur préavis pour le 30 juin 2011, et n’ont aucune certitude d’être repris après cette date. « Que vont-ils devenir ? La région doit agir ! », clame Rudy Janssens.

Politique des grandes villes
            Aude Lavry, la porte-parole du ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale Charles Picqué, explique que « les gardiens de la paix ont déjà mené des actions il y  a quelques semaines, et le gouvernement a pris des mesures ». Pour la CGSP, ces mesures sont insuffisantes.            Certaines communes vont assurer sur fonds propres la prolongation des contrats de gardiens de la paix, mais avec d’énormes inégalités entre elles. « Selon le territoire communal où il travaille, le supplément du samedi perçu par le gardien, par exemple, oscillera entre 50% et 100% du salaire, c’est injuste », explique M. Janssens.
            Du côté de l’ASBL Bravvo, qui centralise la politique de prévention mise en place par la ville de Bruxelles, et gère donc les gardiens de la paix de la ville, Peggy Pierrot, chargée de communication, tempère. « Tous les gardiens de la paix de la Région bruxelloise ne sont pas concernés. Il faut différencier ceux qui dépendent du Plan stratégique de sécurité et prévention (PSSP), de ceux qui dépendent du programme de la Politique des grandes villes (PGV) », précise-t-elle.
En principe, seuls les gardiens dépendant de la PGV sont
concernés par ce statut précaire.
            La politique des grandes villes relève du niveau fédéral, mais aussi des entités fédérées, c’est-à-dire de la Région bruxelloise. Le travail des gardiens de la paix est cofinancé par le fédéral et par la région, mais pour la CGSP, rien n’est mis en place par Bruxelles, même si « dans certaines communes, des règlements commencent à être instaurés », précise le syndicaliste.
« Et avec le gouvernement en affaires courantes, ça ne bouge pas au fédéral », ajoute-t-il.

Plus de 400 emplois menacés
            Pour Rudy Janssens, « la région bruxelloise ne prend pas ses responsabilités ». Il précise que « ce sont plus de 400 personnes qui voient leur emploi menacé, auxquelles il faut rajouter les personnes engagées sous le régime du plan Activa, et de l’article 60 (personnes mises au travail par les CPAS) ». Pour le syndicat, pas question de jouer avec ces emplois.
            « Le gardien de la paix a pour mission d’assurer une présence dans les quartiers, les zones les plus problématiques de la ville, et par sa présence, de rassurer les gens et gérer les conflits de petite envergure. Sa seconde mission est d’améliorer, par des constatations sur la voie publique, l’environnement de vie des habitants », explique Mme Pierrot.
            Comme ce sont les entités fédérées qui doivent définir le statut de ces agents, et donc dans ce cas la Région bruxelloise, ils ont prévu d’exprimer leur mécontentement devant le cabinet du Ministre-président Charles Picqué, le 24 février .

Séverine VALVEKENS

vendredi 18 février 2011

Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus

Représentation du vendredi 11 février 2011 au Forum de Liège, 20h30

" Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus ", deux heures de fous rires assurées ! Le spectacle de Paul Dewandre, adapté du livre du même titre de John Gray, fait un tabac en France et en Belgique depuis bientôt 5 ans. Déjà 300 000 spectateurs comblés... pourquoi pas vous ?
      20h, le magasin de bonbons en face du théâtre est bondé, les gens s'attroupent devant l'étroit bâtiment de la rue Pont d'Avroy. Des couples, des groupes de copines, des jeunes, des moins jeunes. Pas de doute, si les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus, hommes et femmes ont atterri ce soir-là sur la planète Forum de Liège.
      20h15, la salle se remplit, doucement mais sûrement. Le décor est simple ; un bureau, un tableau noir, un tabouret rouge pour lui, vert pour elle, et deux grosses lampes rondes de même couleur, symbolisant chacune, respectivtement la planète Mars pour Lui, et la planète Vénus pour Elle.
      20h30, la salle est comble, chacun y va de ses petits commentaires. " J'espère que ce sera pas trop long " dit-on à ma droite, " j'ai lu des critiques, ça va être super drôle " entend-je derrière. Beaucoup sont venus en couples, souvent en groupe de plusieurs couples, (comme moi ce soir d'ailleurs). Assises à la rangée juste devant la mienne, huit femmes sont venues en famille " c'est notre sortie de l'année entre filles " disent-elles.
      20h45, les lumières se tamisent doucement jusqu'au noir complet... Ca y est, c'est parti. Et le spectacle commence par deux voix, un homme et une femme, qui pourraient très bien être celles d'un couple dans le public tant ce qu'ils disent chacun est plausible, vrai, authentique !
Lui : " Pourquoi elle a voulu aller dans ce parking alors que j'avais une place juste devant. [...] Elle m'énèèèèrve "
Elle : " Pourquoi ça l'énèrve que je téléphone à la baby-sitter pour être sûre que les enfants vont bien ? Il m'énèèèrve ! "

Le ton est donné : homme ou femme, chacun va en prendre pour son grade !

Différents
      Durant deux heures, moins les vingt minutes d'entracte (" le livre et le dvd sont en vente, ainsi que des rafraichissements... "), Paul Dewandre assure le spectacle, switchant avec brio entre les trois rôles qu'il interprète : Paul l'homme, Corinne sa femme, et le spécialiste.
      Il insiste sur un point fondamental pour comprendre toute relation de couple : l'homme et la femme sont différents. Il se focalise sur la compétence, elle sur la relation. Il est séquentiel (" Mesdames vous devez comprendre : l'homme ne sait faire qu'une chose à la fois ! Il n'ouvre qu'un dossier, et avant d'en ouvrir un deuxième, il doit fermer le premier "), elle est multi-tâches (" Tandis que vous, mesdames, vous avez 10 dossiers ouverts en permanence ! "). Il est un dauphin, qu'il faut flatter. Elle est un jardin, qu'il faut entretenir. Etc, etc.
Pas de doutes, Mars et Vénus vivent sur deux planètes différentes.

La vie de tous les jours
      Dans ses anecdotes, c'est la vie quotidienne des couples dont Paul Dewandre se moque avec succès. L'anniversaire de mariage, oublié par Monsieur, les conversations téléphoniques interminables de Madame. A chaque nouvelle petite histoire, la salle éclate de rire, du parterre au pigeonnier, en passant par les balcons.
Au fur et à mesure de l'avancement du spectacle, les petits clin d'oeils et regards appuyés entre partenaires se multiplient... Tout le monde semble se reconnaitre dans les scènes jouées talentueusement par M. Dewandre, notamment celle de la grotte, durant laquelle il explique que, lorsque les femmes ont un problème, elles veulent en parler, tandis que les hommes veulent le résoudre seul pour... ne pas avoir besoin d'en parler ! Dès lors, ils se réfugient dans leurs grottes respectives, auxquelles les femmes, qui tentent tant bien que mal d'y pénétrer n'ont pas accès !

      22h45, applaudissements bien mérités. En sortant du théâtre, les gens parlent, discutent, continuent à rire. " Un p'tit quicky (le quicky est un coup vite fait, du sexe fast-food, en opposition au fait maison qui dure 30 à 40 minutes et au gastronomique dont on profite à l'hôtel par exemple - ndlr) en rentrant ? Les couples se taquinent en échangeant des regards complices et équivoques... Les groupes féminins rigolent " il ne sait pas faire deux choses en même temps, c'est tout à fait lui ça, c'est tellement vrai ". Thomas, 27 ans et venu avec sa compagne et deux autres couples, a adoré la représentation. " Je n'ai pas vu le temps passer. On se reconnait vraiment dans ce que l'acteur raconte, j'ai l'impression d'avoir vécu les anecdotes qu'il raconte, c'est vraiment très proche du quotidien. Quand il parle des femmes et de leur garde-robe, qui tous les matins disent " je n'ai rien à me mettre "... c'est tout à fait ma fiancée, et cela nous a fait beaucoup rire car elle s'est vraiment senti visée ".
      Avec beaucoup, beaucoup d'humour, mais aussi tellement de vérité, Paul Dewandre décrit à la perfection les relations de couple, entre Mars et Vénus, entre lui et elle, entre nous finalement. De quoi ouvrir à la discussion entre les partenaires sur le chemin du retour, pour mieux se comprendre, avant de clotûrer la soirée par un... fait maison ?
      Séduit ? Attention, les deux dernières représentations en Belgique auront lieu les 22 et 23 février 2011 au Cirque Royal de Bruxelles ! Après, Paul Dewandre traversera la France, en passant par la Suisse, jusqu'au mois de juin 2011.

Un petit aperçu... qui vaut le détour !

jeudi 17 février 2011

La littérature érotique à voix haute

Un cabaret littéraire est organisé demain soir au Centre Culturel de Jette. Le thème de ce rendez-vous : l’érotisme. Une conteuse et un acteur-conteur liront, à leur manière, des extraits de livres érotiques, souvent délaissés dans les bibliothèques.
Tout un programme…
            Sufian El Boubsi est comédien et acteur-conteur, Véronique De Miomandre est conteuse. Demain soir, ils seront tous les deux sur les planches du Centre culturel de Jette, à l’occasion d’un cabaret littéraire intitulé « L’amour à la page », organisé par les bibliothèques de la commune. Ils vont y lire à voix haute des ouvrages bien particuliers : des livres érotiques.
« C’est la première fois que nous organisons  une animation de ce type », précise Cécile Famery, bibliothécaire à Jette. Elle explique que « les livres érotiques sont délaissés dans les bibliothèques, où ils sont fondus dans la masse ». Selon  elle, ce type de littérature n’est pas mis en valeur dans les établissements de prêt de livres, et ce cabaret littéraire est « l’occasion de les faire connaitre, de les sortir des rayons. Bon nombre de gens ignorent que les bibliothèques renferment des ouvrages d’amour érotique, même si certains en louent de temps en temps. ».
            « Nous tenterons, durant une heure environ, de faire connaitre cette littérature au public », explique la conteuse. « Notre but est d’inciter le public à aller à la bibliothèque en proposant un sujet alléchant », poursuit-elle.
            La lecture sera donc faite par un homme et une femme. Mme De Miomandre explique que « c’est très intéressant de pouvoir faire une lecture à deux voix, et surtout que ce soit un homme et une femme, car on va pouvoir alterner dialogues et lectures seules ». Cependant,  la bibliothécaire précise que « même si les lectures seront un peu jouées, ce ne sera pas du théâtre. On voulait vraiment le faire sous forme de cabaret, avec un bar, des petites tables, des chaises ».
« Après la représentation, on organisera une discussion avec les personnes présentes pour parler des livres abordés », ajoute Mme de Miomandre.
            Si tous les adultes sont les bienvenus, Mme Famery explique qu’elle s’attend surtout à « accueillir des personnes de la tranche d’âge des 30 – 50 ans ».

Donner envie de lire
            « On va lire plusieurs petits extraits, pour vraiment donner envie aux personnes présentes de lire la suite », explique Mme De Miomandre. Les extraits en question traverseront les époques, depuis la naissance du Kâmasûtra à aujourd’hui, en passant par le Moyen-âge, le 18ème siècle et la littérature du début du 20ème siècle. « On diffusera aussi quelques musiques érotiques pour créer une ambiance appropriée », ajoute Mme Famery.
            Le but est bien sûr d’inciter le spectateur à lire le livre lui-même par après. « Tous les livres dont on parlera seront disponibles à la location dès la fin de la représentation », précise Mme De Miomandre.
            Cette expérience sera réitérée dans deux ou trois mois, avec un autre thème. « Nous avons choisi l’érotisme pour le premier rendez-vous car on sait que c’est un thème qui va attirer les gens », explique Mme De Miomandre. « Pour rendre le livre parlant, il faut le faire parler », poursuit-elle.      
            Lise, étudiante de 22 ans, est une habituée des bibliothèques. « Je ne loue pas de livres érotiques, je n’y ai jamais pensé, mais je trouve que l’initiative du cabaret littéraire est une bonne idée pour les faire découvrir, même si, personnellement, je me sentirais un peu gênée par cette lecture en public ».

Sensualité
            Evidemment, on ne raconte pas un livre érotique comme on en raconte un autre. « Pour que la magie s’installe dans l’imaginaire du spectateur, l’acteur qui raconte doit déjà y être », explique la conteuse.
            « Sufian El Boubsi et moi nous connaissons déjà, je crois que cela facilitera la lecture. C’est difficile d’être une bonne lectrice, une bonne diseuse, de donner l’envie de lire. Il faut vraiment être imprégné de ce qu’on lit, surtout pour les ouvrages érotiques ». La conteuse de demain soir prévoit une lecture « pleine de sensualité »…
            Vos sens sont déjà en éveil ? Rendez-vous demain soir, seul ou accompagné, à 20h30, au Centre Culturel de Jette (Centre Armillaire), 145 boulevard de Smet de Naeyer. L’entrée est à 5€, et les livres disponibles à la location seront « presque gratuits », précise la bibliothécaire Cécile Famery.
            De quoi donner du goût à vos lectures en les pimentant un peu… ou beaucoup !

Séverine VALVEKENS

mercredi 16 février 2011

L'IVG au coeur de la polémique

La Direction générale de l’enseignement a envoyé une circulaire proposant un support pédagogique « pro-avortement » dans toutes les écoles secondaires franco-phones. Ce document relance le débat sur la place de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) en Belgique.
            Si près de 19 000 femmes ont interrompu leur grossesse en 2009, « l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est toujours tabou en Belgique aujourd’hui, en parler dérange, crée un malaise » affirme Julia Laot, porte-parole de la Fédération des centres de planning familial des Femmes prévoyantes socialistes (FPS).
L’envoi d’une circulaire sur l’avortement dans les écoles, par la Direction générale de l’enseignement, a suscité de vives réactions aujourd'hui dans le journal « Le Soir ». En cause, les supports pédagogiques auxquels renvoie la circulaire (un dossier pédagogique et un documentaire vidéo), qui ont été produits par le Centre d’action laïque (CAL), la Fédération des centres de planning familial des Femmes prévoyantes socialistes (FPS) et la Fédération laïque des centres de planning familial (FLCPF). D’aucuns dénoncent qu’il s’agit de « publicité pour le CAL », de propagande laïque, et que ce type de communication n’a pas sa place à l’école.
Au Centre d’action laïque, on s’insurge. Sylvie Lausberg qui y est chargée de mission, a réalisé le dossier pédagogique en question. Pour elle, il y a une confusion, car « le dossier pédagogique est un dossier d’information sur l’histoire de l’avortement en Belgique, sur un combat mené pendant des décennies pour arriver à un droit, qui est maintenant encadré par une loi qui dépénalise l’avortement.
Ce n’est pas un plaidoyer pour l’avortement, et encore moins de la propagande, c’est de l’information qui permet aux personnes concernées de faire un choix, qui est personnel ». Elle ajoute que «  la neutralité interdit une propagande politique à l’école, mais est-ce qu’informer sur une loi qui a été votée par un pays est de la propagande politique ? Si oui, alors là on est dans de la censure ». Pour le CAL, il ne s’agit que « d’informer sur un droit reconnu depuis plus de vingt ans,  l’histoire de son émergence et ses modalités d’application ».
Nicolas Menschaert, directeur de la Fédération laïque des centres de planning familial précise que c’est un « outil qui doit sensibiliser les jeunes dans les écoles au combat qu’il y a eu pour accéder à ce droit ».

Pas pro-IVG, mais pro-choix
A la lecture de l’article du journal « Le Soir » d’aujourd'hui qui définit le CAL et ses partenaires, à savoir les FPS et le FLCPF, comme les « défenseurs d’une vision pro-IVG », Sylvie Lausberg s’indi-gne. « Nous ne sommes pas du tout pro-IVG », clame-t-elle,
« nous sommes pro-choix. Pro-IVG voudrait dire qu’on veut la mort des fœtus, ce n’est pas le cas, nous voulons le choix pour la femme enceinte ».
            Du côté des Femmes prévoyantes socialistes, c’est le même son de cloche. « On ne se considère pas du tout comme pro-IVG, mais bien comme pro- choix ! La loi dépénalise l’avor-tement, on va juste dans le sens de la loi », explique Mme Laot.
Pour M. Menschaert, « le terme de pro-IVG, pro-avortement utilisé par le journal « Le Soir » hier, laisse sous-entendre que nous faisons une fête de l’avortement. Nous sommes les défenseurs d’un droit, un droit à l’accès à un avortement médicalisé. Nous sommes les défenseurs de la possibilité laissée aux femmes de poser un choix dans de bonnes conditions ».

Education citoyenne
Pour M. Menschaert, « il ne s’agit pas de propagande mais d’éducation citoyenne, puisqu’on se contente d’informer sur un droit reconnu par la législation belge. C’est de l’information, ce n’est pas de la propagande laïque ou autre, c’est informer sur un droit citoyen ». Il ajoute qu’il s’agit d’un « enjeu de santé publique et non pas d’un enjeu idéologique ».
Mme Lausberg estime que « la santé publique n’est pas réductible à une idéologie. Ce n’est pas une question de convictions, c’est une question de santé. L’information des moyens mis à disposition est une nécessité et c’est aussi un droit ».
Pour les Femmes prévoyantes socialistes, « l’avor-tement est un sujet qui fait toujours débat, au même titre que l’euthanasie par exemple, c’est pour cela qu’il a sa place à l’école, pour en discuter ».
Le débat est (re)lancé, et d’après Sylvie Lausberg, « les premiers retours des écoles depuis la diffusion de la circulaire, sont positifs : tant au sein des écoles catholiques, que techniques ou officielles, les professeurs sont ravis ».

Séverine VALVEKENS

Insécurité à la STIB : ras-le-bol !

Les conducteurs de la STIB ont refusé de démarrer leurs trams, bus et métros hier matin. Ils tiennent à exprimer leur ras-le-bol face à l’insécurité qui règne dans les transports en commun bruxellois. L’agression d’un chauffeur lundi soir a été l’agression de trop.
           Un conducteur de métro a été agressé par un passager lundi soir à la station Roi Baudouin. « On en a marre ! Il y a eu un ras-le-bol des délégations syndicales libérales et FGTB suite à cette agression. La réunion en urgence avec la direction n’a rien donné, et on a décidé de faire grève toute la journée de mardi », s’exclame Didier Florin, délégué de la CGSP d’Ixelles et conducteur de tram.     
Les trams, bus et métros sont donc restés dans leurs dépôts respectifs hier matin.
Le délégué CGSP explique que, ce qui exaspère également ces chauffeurs, « c’est qu’une fois que les agresseurs sont arrêtés, la justice ne fait pas son boulot. C’est là qu’on en a marre ; ils sont relâchés car il n’y a plus de place, ou bien ils ont des peines légères donc ils ne les font pas, Et puis ils viennent nous narguer, surtout les jeunes, ça devient un jeu pour eux, et on ne peut plus supporter ça ».
Pour M. Florin, l’arrêt de travail est une façon de marquer le coup, car « la grève est le seul moyen de se faire entendre ». Il rapporte que « depuis le début du mois de janvier jusqu’à aujourd’hui, on dénombre déjà plus d’une dizaine d’agressions sur les conducteurs et accompagnateurs ». Pour le délégué syndical, ce sont les communes et la région bruxelloise qui doivent agir. Les agents de sécurité de la STIB sont bien souvent impuissants, « faute de moyens », précise-t-il. Ce que confirme la STIB par la voix de sa porte-parole Françoise Ledune, qui ajoute que « les agents de prévention ne suffisent pas, il faut des signes de répression visibles ».

Des promesses sans résultats
            La semaine passée, les travailleurs de la STIB avaient déjà légèrement débrayé durant une matinée. Suite à ce mouvement de protestation, « on nous a promis monts et merveilles avec la police, notamment celle de la zone de Schaerbeek. Ensuite, nous avons appris hier que les policiers ne voulaient pas bouger tant qu’il n’y avait pas eu de réunions avec les ministres, le bourgmestre, etc. » explique M. Florin. « Une fois de temps en temps, il faut faire une action, un coup de semonce, il faut se faire entendre. Il faut que le monde politique bouge car c’est de lui qu’on dépend », poursuit-il.
Hier après-midi, la délégation syndicale et la direction de la STIB rencontraient Charles Picqué, Ministre-Président de la région bruxelloise, et la Ministre des transports Brigitte Grouwels, pour « demander d’une même voix des mesures visibles et immédiates, mais aussi structurelles, sur le long terme », a indiqué Mme Ledune. En pratique, il s’agit de l’engagement d’une vingtaine d’agents de sécurité, mais cela ne sera pas encore suffisant. L’embauche de ces vigiles, travaillant pour des entreprises privées, ne fait pas l’unanimité étant donné le caractère public de la STIB ; des voix s’y sont notamment opposées du côté du Parti Socialiste et d’Ecolo.
« Il faut que le fédéral mouille sa chemise. Le ministre Picqué a besoin d’argent pour financer ces mesures, il doit frapper à la porte du gouvernement fédéral mais ce n’est pas simple au vu de la conjoncture politique actuelle », poursuit la porte-parole.

Le conducteur aussi a frappé
           Le parquet de Bruxelles a indiqué hier matin, après visionnement des images de vidéosurveillance de la station, que le conducteur de métro a frappé en premier son agresseur. Celui-ci a « été chercher le chauffeur dans son poste de conduite, l’a poursuivi et harcelé durant plus de 15 minutes, en ayant un comportement agressif et douteux », a précisé la porte-parole de la STIB, qui ne cautionne pas mais peut « comprendre le geste peut-être trop vif du conducteur », au vu du climat d’insécurité actuel qui règne sur le réseau de transport bruxellois. Elle ajoute que « la semaine dernière, un agent de la STIB a eu la mâchoire fracturée. On peut donc comprendre que le chauffeur s’est senti agressé et a voulu se protéger. Avant d’en venir aux mains, il a d’abord tenté de calmer le jeu, les images le montrent. Mais bien sûr nous attendons les suites de l’enquête ; la STIB et le passager ont déposé plainte ».
La direction de la STIB comprend la réaction de ses travailleurs qui se sont sentis agressés.
Le réseau des transports en commun ne devrait plus être perturbé aujourd’hui.   

Séverine VALVEKENS

mardi 15 février 2011

Top départ pour Child Alert



La nouvelle plateforme de communication de Child Focus, baptisée Child Alert, sera effective dès ce mardi 15 février. Il s’agit d’utiliser tous les multimédias pour avertir le public lors des disparitions inquiétantes de mineurs d’âge, notamment par SMS et par e-mail.
            « Lors de disparitions d’enfants, la rapidité est primordiale : ce sont les premières heures qui comptent », explique Maryse Rolland, porte-parole adjointe de Child Focus, l’association qui vient en aide aux enfants disparus. « Chaque disparition est une véritable course contre la montre » poursuit-elle.
            Le système de Child Alert fonctionne par abonnement. Il prévoit l’envoi simultané des informations concernant la disparition à tous les inscrits. Cette communication se fera via les canaux classiques comme les affichettes ou le relais par les médias, mais aussi, et c’est une grande nouveauté, par e-mail, SMS, panneaux d’affichages, bannières sur les sites Internet.
Chaque entreprise est invitée à diffuser les messages Child Alert via ses propres canaux de communication.
            Child Alert a pour but d’atteindre le plus possible de personnes pouvant fournir des renseignements sur la disparition. Fernand Koekelberg, Commissaire général de la Police Fédérale, considère que la Child Alert est un « moyen supplémentaire par rapport à ceux qui existent déjà, un avantage pour la police, qui pourra toucher un maximum de personnes en un minimum de temps ».

Des conditions très strictes
            Les critères de déclenchement d’une Child Alert sont clairement définis. Cédric Visart de Bocarmé, Procureur général de la Cour d’Appel de Liège, explique que la disparition « devra être inquiétante et concerner un mineur. De plus, la vie de ce mineur devra être en danger et la Child Alert devra être jugée utile ». La Child Alert ne sera donc pas déclenchée dans tous les cas de disparitions d’enfants. « Il faut qu’il y ait des éléments concrets, précis, qui indiquent que, si on lance l’alerte, on a des chances de pouvoir retrouver le jeune plus rapidement » poursuit-il.
            Le procureur tient également à signaler que « ce système ne sera pas utilisé à tort et à travers, une Child Alert doit rester exceptionnelle pour être efficace ; s’il y en a trop souvent, les gens vont s’y habituer ».     
La Child Alert ne sera donc que rarement activée. Pour la porte-parole de Child Focus, « la Belgique, au vu de sa superficie, ne devrait connaitre qu’une ou deux Child Alerts par an ».   
En 2009, Child Focus a traité 1830 dossiers de disparitions, parmi lesquelles 600 étaient inquiétantes, et dont « seules deux disparitions auraient fait l’objet d’une Child Alert, notamment celle du petit Younès Jratlou, disparu en 2009 dans le Hainaut et malheureusement retrouvé mort ».
            Au départ, c’est le magistrat chargé de l’enquête qui décide de lancer une Child Alert, « mais après concertation avec la police locale, la cellule des personnes disparues, éventuellement Child Focus, ainsi qu’avec les parents de l’enfant disparu », précise M. Visart de Bocarmé.
Maryse Rolland explique que « cette décision doit être prise en âme et conscience par le magistrat. C’est un choix très difficile, car déclencher une Child Alert peut mettre en péril l’enfant disparu, dans le sens où, sous la pression, le kidnappeur pourrait attenter à la vie de l’enfant ».
            Le système de Child Alert s’inspire du modèle français d’Alerte Enlèvement,       mais « il se veut plus étendu », explique Mme Rolland. En effet, les alertes enlèvement françaises ne sont déclenchées que lors de cas d’enlèvements avérés, c’est-à-dire uniquement lorsqu’un témoin a vu un mineur se faire kidnapper. « Le système français est trop restrictif. Le modèle belge de Child Alert se rapproche plutôt de celui de nos voisins néerlandais AMBER Alert », indique la porte-parole de Child Focus.

Solidarité et rapidité
            Maryse Rolland insiste sur le fait que « la solidarité est aussi importante que la rapidité, il faut que le plus grand nombre possible d’associations, d’entreprises, mais aussi de citoyens, s’inscrivent à Child Alert pour relayer l’information à leur tour. Ce système ne peut marcher que s’il y a énormément d’abonnés.
L’inscription se fait sur le site www.childalert.be, tant pour les citoyens que les organisations ou entreprises. Les services de Child Alert sont gratuits, à l’exception des SMS qui sont facturés 0,50€.          
Tout renseignement relatif à une disparition peut être signalé à Child Focus au numéro 116 000, ou à la Police Fédérale au 0800 30300.   
    
Séverine VALVEKENS