mardi 15 février 2011

Top départ pour Child Alert



La nouvelle plateforme de communication de Child Focus, baptisée Child Alert, sera effective dès ce mardi 15 février. Il s’agit d’utiliser tous les multimédias pour avertir le public lors des disparitions inquiétantes de mineurs d’âge, notamment par SMS et par e-mail.
            « Lors de disparitions d’enfants, la rapidité est primordiale : ce sont les premières heures qui comptent », explique Maryse Rolland, porte-parole adjointe de Child Focus, l’association qui vient en aide aux enfants disparus. « Chaque disparition est une véritable course contre la montre » poursuit-elle.
            Le système de Child Alert fonctionne par abonnement. Il prévoit l’envoi simultané des informations concernant la disparition à tous les inscrits. Cette communication se fera via les canaux classiques comme les affichettes ou le relais par les médias, mais aussi, et c’est une grande nouveauté, par e-mail, SMS, panneaux d’affichages, bannières sur les sites Internet.
Chaque entreprise est invitée à diffuser les messages Child Alert via ses propres canaux de communication.
            Child Alert a pour but d’atteindre le plus possible de personnes pouvant fournir des renseignements sur la disparition. Fernand Koekelberg, Commissaire général de la Police Fédérale, considère que la Child Alert est un « moyen supplémentaire par rapport à ceux qui existent déjà, un avantage pour la police, qui pourra toucher un maximum de personnes en un minimum de temps ».

Des conditions très strictes
            Les critères de déclenchement d’une Child Alert sont clairement définis. Cédric Visart de Bocarmé, Procureur général de la Cour d’Appel de Liège, explique que la disparition « devra être inquiétante et concerner un mineur. De plus, la vie de ce mineur devra être en danger et la Child Alert devra être jugée utile ». La Child Alert ne sera donc pas déclenchée dans tous les cas de disparitions d’enfants. « Il faut qu’il y ait des éléments concrets, précis, qui indiquent que, si on lance l’alerte, on a des chances de pouvoir retrouver le jeune plus rapidement » poursuit-il.
            Le procureur tient également à signaler que « ce système ne sera pas utilisé à tort et à travers, une Child Alert doit rester exceptionnelle pour être efficace ; s’il y en a trop souvent, les gens vont s’y habituer ».     
La Child Alert ne sera donc que rarement activée. Pour la porte-parole de Child Focus, « la Belgique, au vu de sa superficie, ne devrait connaitre qu’une ou deux Child Alerts par an ».   
En 2009, Child Focus a traité 1830 dossiers de disparitions, parmi lesquelles 600 étaient inquiétantes, et dont « seules deux disparitions auraient fait l’objet d’une Child Alert, notamment celle du petit Younès Jratlou, disparu en 2009 dans le Hainaut et malheureusement retrouvé mort ».
            Au départ, c’est le magistrat chargé de l’enquête qui décide de lancer une Child Alert, « mais après concertation avec la police locale, la cellule des personnes disparues, éventuellement Child Focus, ainsi qu’avec les parents de l’enfant disparu », précise M. Visart de Bocarmé.
Maryse Rolland explique que « cette décision doit être prise en âme et conscience par le magistrat. C’est un choix très difficile, car déclencher une Child Alert peut mettre en péril l’enfant disparu, dans le sens où, sous la pression, le kidnappeur pourrait attenter à la vie de l’enfant ».
            Le système de Child Alert s’inspire du modèle français d’Alerte Enlèvement,       mais « il se veut plus étendu », explique Mme Rolland. En effet, les alertes enlèvement françaises ne sont déclenchées que lors de cas d’enlèvements avérés, c’est-à-dire uniquement lorsqu’un témoin a vu un mineur se faire kidnapper. « Le système français est trop restrictif. Le modèle belge de Child Alert se rapproche plutôt de celui de nos voisins néerlandais AMBER Alert », indique la porte-parole de Child Focus.

Solidarité et rapidité
            Maryse Rolland insiste sur le fait que « la solidarité est aussi importante que la rapidité, il faut que le plus grand nombre possible d’associations, d’entreprises, mais aussi de citoyens, s’inscrivent à Child Alert pour relayer l’information à leur tour. Ce système ne peut marcher que s’il y a énormément d’abonnés.
L’inscription se fait sur le site www.childalert.be, tant pour les citoyens que les organisations ou entreprises. Les services de Child Alert sont gratuits, à l’exception des SMS qui sont facturés 0,50€.          
Tout renseignement relatif à une disparition peut être signalé à Child Focus au numéro 116 000, ou à la Police Fédérale au 0800 30300.   
    
Séverine VALVEKENS

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