mercredi 16 février 2011

Insécurité à la STIB : ras-le-bol !

Les conducteurs de la STIB ont refusé de démarrer leurs trams, bus et métros hier matin. Ils tiennent à exprimer leur ras-le-bol face à l’insécurité qui règne dans les transports en commun bruxellois. L’agression d’un chauffeur lundi soir a été l’agression de trop.
           Un conducteur de métro a été agressé par un passager lundi soir à la station Roi Baudouin. « On en a marre ! Il y a eu un ras-le-bol des délégations syndicales libérales et FGTB suite à cette agression. La réunion en urgence avec la direction n’a rien donné, et on a décidé de faire grève toute la journée de mardi », s’exclame Didier Florin, délégué de la CGSP d’Ixelles et conducteur de tram.     
Les trams, bus et métros sont donc restés dans leurs dépôts respectifs hier matin.
Le délégué CGSP explique que, ce qui exaspère également ces chauffeurs, « c’est qu’une fois que les agresseurs sont arrêtés, la justice ne fait pas son boulot. C’est là qu’on en a marre ; ils sont relâchés car il n’y a plus de place, ou bien ils ont des peines légères donc ils ne les font pas, Et puis ils viennent nous narguer, surtout les jeunes, ça devient un jeu pour eux, et on ne peut plus supporter ça ».
Pour M. Florin, l’arrêt de travail est une façon de marquer le coup, car « la grève est le seul moyen de se faire entendre ». Il rapporte que « depuis le début du mois de janvier jusqu’à aujourd’hui, on dénombre déjà plus d’une dizaine d’agressions sur les conducteurs et accompagnateurs ». Pour le délégué syndical, ce sont les communes et la région bruxelloise qui doivent agir. Les agents de sécurité de la STIB sont bien souvent impuissants, « faute de moyens », précise-t-il. Ce que confirme la STIB par la voix de sa porte-parole Françoise Ledune, qui ajoute que « les agents de prévention ne suffisent pas, il faut des signes de répression visibles ».

Des promesses sans résultats
            La semaine passée, les travailleurs de la STIB avaient déjà légèrement débrayé durant une matinée. Suite à ce mouvement de protestation, « on nous a promis monts et merveilles avec la police, notamment celle de la zone de Schaerbeek. Ensuite, nous avons appris hier que les policiers ne voulaient pas bouger tant qu’il n’y avait pas eu de réunions avec les ministres, le bourgmestre, etc. » explique M. Florin. « Une fois de temps en temps, il faut faire une action, un coup de semonce, il faut se faire entendre. Il faut que le monde politique bouge car c’est de lui qu’on dépend », poursuit-il.
Hier après-midi, la délégation syndicale et la direction de la STIB rencontraient Charles Picqué, Ministre-Président de la région bruxelloise, et la Ministre des transports Brigitte Grouwels, pour « demander d’une même voix des mesures visibles et immédiates, mais aussi structurelles, sur le long terme », a indiqué Mme Ledune. En pratique, il s’agit de l’engagement d’une vingtaine d’agents de sécurité, mais cela ne sera pas encore suffisant. L’embauche de ces vigiles, travaillant pour des entreprises privées, ne fait pas l’unanimité étant donné le caractère public de la STIB ; des voix s’y sont notamment opposées du côté du Parti Socialiste et d’Ecolo.
« Il faut que le fédéral mouille sa chemise. Le ministre Picqué a besoin d’argent pour financer ces mesures, il doit frapper à la porte du gouvernement fédéral mais ce n’est pas simple au vu de la conjoncture politique actuelle », poursuit la porte-parole.

Le conducteur aussi a frappé
           Le parquet de Bruxelles a indiqué hier matin, après visionnement des images de vidéosurveillance de la station, que le conducteur de métro a frappé en premier son agresseur. Celui-ci a « été chercher le chauffeur dans son poste de conduite, l’a poursuivi et harcelé durant plus de 15 minutes, en ayant un comportement agressif et douteux », a précisé la porte-parole de la STIB, qui ne cautionne pas mais peut « comprendre le geste peut-être trop vif du conducteur », au vu du climat d’insécurité actuel qui règne sur le réseau de transport bruxellois. Elle ajoute que « la semaine dernière, un agent de la STIB a eu la mâchoire fracturée. On peut donc comprendre que le chauffeur s’est senti agressé et a voulu se protéger. Avant d’en venir aux mains, il a d’abord tenté de calmer le jeu, les images le montrent. Mais bien sûr nous attendons les suites de l’enquête ; la STIB et le passager ont déposé plainte ».
La direction de la STIB comprend la réaction de ses travailleurs qui se sont sentis agressés.
Le réseau des transports en commun ne devrait plus être perturbé aujourd’hui.   

Séverine VALVEKENS

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